Dans le miroir de verre poli
Je vois mon ombre se refléter ;
Elle est derrière, Elle me sourit
Et Elle semble vouloir me défier.
J'ai vu la dégradation amoureuse,
J'en ai moi-même été touchée
Et je croyais vivre heureuse
En m'interdisant d'aimer.
Mais il faut croire que j'ai eu tord
De penser un truc aussi con,
Surtout que c'est sans effort
Que Tu brisas mes ambitions.
Et si tu ne l'a pas vu, Elle, comprit mon état
Et d'une voix mielleuse, me proposa cela :
"La guerre esr déclarée, nous sommes deux joueurs :
Qui gagne ces échecs remportera son coeur ! "
Et ne voulant pas qu'Elle Te piège à nouveau,
Je l'ai bêtement suivie dans ce triste projet,
Là haïssant tout bas, me maudissant tout haut,
Trouvant cela puéril et d'un augure mauvais.
Mais je ne suis pas douée à ce jeux-là,
Et bien avant qu'elle ne commence,
Je savais la partie jouée d'avance
Car Elle connaît les règles mieux que moi.
Elle est la Reine toute puissante
Et moi la folle malmennée :
Quand Elle avance avec aisance
Moi je me perds dans l'échiquier.
Elle use de mille stratagèmes :
Je vois la victoire m'échapper ;
Mais Elle a blessé celui que j'aime
Et je ne la laisserais pas recommencer !
Nos objectifs sont opposés,
Nous n'avons pas les mêmes désirs :
Elle a un simple pion à regagner
Et moi un Roi à conquêrir.
...
Puis sur le damier noir et blans
S'étend la grande tâche écarlate
Que fit en giclant mon sang
A l'annonce de l'"échec et mat".
...
Et le perdant quitte la place
Avec tristesse, en s'inclinant,
Pendant qu'Elle reprend avec grâce
Le siège qu'elle occupait d'antant.
Ah, si cette Reine n'existait pas,
Peut-être l'aurais-je eu, ma chance ;
Malheureusement, elle est bien là
Et ceci fit la différence.